Le feu

Posté | sans commentaire


Le feu

Après cette expérience je voulais travailler sur la transmutation de l’eau en feu, sans savoir comment m’y prendre. C’est là que j’ai fait une rencontre inattendue (Résidence art in situ – Septembre 2005 : « la Drôme, rivière sauvage ? »).

Dans le lit de la Drôme, J’ai trouvé cet arbre, fendu et noir, vaincu par un incendie, et longtemps ballotté dans les courants sauvages. D’abord, tentative de résurrection à l’aide de la « peau de l’eau ». Le temps s’en mêle, je suis obligé de bâtir une tente au-dessus du cadavre noir. Je travaille avec mon chalumeau, et il fait de plus en plus froid. Puis les eaux de la Drôme menacent de monter. Il faut hisser l’arbre hors d’eau. Enfin je peux reprendre mon travail. Je masse l’arbre avec mes gants, avec ma peau de l’eau, toute chaude. Je cherche dans les reliefs de ce tronc usé la marque de ses dynamiques anciennes. Mais la peau de l’eau a grimpé et s’est tordue, brûlante. La peau de l’eau a plissé mes gestes vers des lignes inconnues, sculptant des flammes invisibles qui font une aura autour de l’arbre. La mémoire récente de son agonie se révèle, les flammèches montent, la peau de l’eau se fend, comme l’arbre sous le coup de la foudre. Voir « Eau forte ».

Les éléments, terre, eau, air et feu, ont restitué, ensemble, la dernière histoire de l’arbre. J’aurais pu appeler cette sculpture « la mémoire de l’eau ». Mais, à cause de la doxa scientifico-économique, cette notion est désormais mal venue, voire ridiculisée. Dommage. Voir une autre image du feu dans les songes.

Envoyer un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *