Navigation à vue

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Certains écrivains rédigent leur roman d’un bout à l’autre, sans s’arrêter, en comptant sur leur mémoire et sur leur réflexe. Je ne suis pas de ceux-là. Je serai trop vite perdu, trop vite essoufflé. Je commence par écrire des scènes auxquelles je tiens, qui me font rêver ou qui me tenaillent, ou qui ont du sens pour moi, presque indépendamment du contexte. Scènes érotiques en premier lieu. J’adore. Je les travaille et les retravaille avec délectation. Pas de raison de se priver. Puis les scènes de violence. Pour elles il faut se mettre dans un état d’esprit qui ne m’est pas coutumier. Alors quand l’inspiration vient, je la saisis. C’est une question de scénographie. Je les vois comme au cinéma. Certaines scènes très sensibles et délicates me travaillent aussi. Scènes majeures qui fondent l’esprit du roman. Je les consolide autant que je peux, avec beaucoup d’attention. Ce sont de vrais phares qui éclairent mon imagination panoramique. Tout cela forme des îlots à partir desquels je peux commencer à naviguer à vue. C’est important pour moi d’avoir ces repères solides où j’ai les pieds au sec, dans ce marécage que représente un roman non encore écrit.

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