, toute une histoire…

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Ecrire, d’abord une nécessité, à une époque lointaine où l’imaginaire remplaçait le manque à voir. Dans ma France profonde, à défaut de vivre, à quatorze ans, après avoir lu « le club des cinq », Jules Verne et consort, je me faisais des histoires, et les expérimentais parfois au bord de la Loire…

Aujourd’hui je constate que j’ai dû attendre la retraite pour pouvoir enfin travailler sérieusement !

Scolarité zéro

Zéro de conduite et d’orthographe à l’école, absences nombreuses pour rester tranquille à la maison, toute ma scolarité a été une longue période dissuasive quant à l’écriture. Mes dissertations étaient toutes hors sujet, car je pensais bêtement qu’écrire c’était d’abord pour s’exprimer. Et pourtant, à quatorze ans j’écrivais en cachette, par honte de mon niveau zéro et par peur de me ridiculiser devant mon père, mon premier roman sur un cahier de cent pages. Une longue histoire d’amour qui a disparu lors d’un autodafé à l’âge de vingt ans. Toujours la honte. Aujourd’hui j’ai presque honte d’avoir eu si peur du regard des autres. J’ai exécré l’école, les enseignants, mon père. J’ai exécré le « Français », et pourtant je n’ai pas démordu de ma passion paradoxale de raconter, de réfléchir, de m’exprimer, d’écrire. Ce fut donc un long parcours du combattant, en premier lieu contre moi-même. Je voulais apprendre à écrire, mais tout seul, à l’abri des regards. J’ai découvert l’esprit des cavernes, de la pensée intérieure, j’ai découvert l’introspection, puis l’exploration intime de l’être. Mes copains et copines venaient chez moi… pour se confier. Je devais avoir l’image d’un sage, et je ne savais rien de la vie que celle qui se tait. Et c’est bien ce qu’ils venaient chercher.

A l’école d’architecture de Lyon, j’ai découvert des philosophes dont je n’avais jamais entendu parler, comme Gaston Bachelard. Son écriture magnifique et sa pensée de traverse m’ont ouvert un vaste monde dans lequel je nage encore aujourd’hui avec un grand bonheur et des exigences colossales. Dans « l’expérience intime de la mélancolie », j’ai passé le maître, j’ai poussé le bouchon très loin, au risque de m’isoler un peu plus. Que m’importe. Aujourd’hui il est temps de parachever mon exploration, de tenter de faire coïncider le mot FIN avec la fin.

Tout cela pour dire qu’il n’y a pas de voie royale, qu’il n’y a pas non plus de parcours inutile. Je dirais même qu’il vaut mieux y aller aveuglément que de trop réfléchir à une hypothétique vocation. Il y a des choses auxquelles il faut réfléchir, et il y a des choses qui se moquent de toute tergiversation.

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